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Idées de Génie
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Chanterelles en tubes, le détail qui évite la confusion avec un champignon toxique

La chanterelle en tube se reconnaît à son pied creux et ses plis fourchus, jamais à de vraies lames. Identification, confusions à éviter, cuisine et conservation.

Par la rédaction·Mis à jour le 1 juillet 2026·Lecture 4 min
Jardin paysager verdoyant
En bref

Les chanterelles en tubes se reconnaissent d'abord à un détail simple : leur pied est creux de haut en bas, comme un petit tube, et leurs plis sous le chapeau sont fourchus et espacés, jamais de vraies lames fines et serrées. Ce champignon d'automne, aussi app

La chanterelle en tube se reconnaît à son pied creux et ses plis fourchus, jamais à de vraies lames. Identification, confusions à éviter, cuisine et conservation. Voici, point par point, ce qu'il faut retenir et comment l'appliquer chez vous.

Qu'est-ce qu'une chanterelle en tube exactement ?

La chanterelle en tube porte le nom scientifique de Craterellus tubaeformis (parfois classée sous Cantharellus tubaeformis). Son chapeau mesure généralement entre 2 et 6 cm de diamètre, il est fin, en forme d'entonnoir, souvent percé en son centre. Ce trou n'est pas un hasard : il correspond à la cavité qui traverse tout le pied, du chapeau jusqu'à la base. C'est ce pied tubulaire, jaune et flexueux, qui a donné son nom au champignon.

Sa chair est fine mais reste ferme même après cuisson, avec une odeur fruitée qui rappelle l'abricot. C'est justement cette fermeté qui en fait un excellent champignon comestible pour la poêle comme pour le séchage.

Comment reconnaître les chanterelles en tubes sans se tromper ?

Trois critères permettent une identification fiable :

  • Le chapeau : brun grisâtre à brun jaunâtre, en entonnoir, souvent lobé et ondulé sur les bords, rarement parfaitement rond.
  • Les plis : ce ne sont pas des lames mais de larges plis décurrents (ils descendent sur le pied), espacés, qui se ramifient et se rejoignent près de la marge. Ils sont jaunes au début puis grisonnent avec la maturité des spores.
  • Le pied : jaune, creux sur toute sa longueur, souvent tordu ou aplati, ce qui donne cet aspect de petit tube caractéristique.

Un réflexe simple sur le terrain : coupez le pied en deux dans la longueur. S'il est creux comme une paille, vous tenez bien une chanterelle en tube comestible.

Avec quel champignon toxique peut-on confondre la chanterelle en tube ?

Le principal risque de confusion vient de la léotie lubrique (Leotia lubrica), un champignon toxique qui pousse exactement dans le même biotope et à la même saison : forêts de conifères, mousse humide, aiguilles en décomposition. Vue de loin, sa silhouette brune et son chapeau arrondi peuvent faire illusion.

Deux détails suffisent à écarter tout doute :

  • La léotie n'a aucun pli ni lame sous son chapeau : la surface est lisse.
  • Sa chair est gélatineuse et élastique, très différente de la texture ferme de la chanterelle en tube. Son pied n'est pas creux.

Autre confusion possible, moins dangereuse mais à connaître : la fausse chanterelle (Hygrophoropsis aurantiaca), qui possède de vraies lames fines, serrées et orangées, nettement différentes des plis larges et fourchus de la chanterelle en tube. Elle n'est pas mortelle mais provoque des troubles digestifs chez certaines personnes.

En cas de doute persistant sur un spécimen, mieux vaut toujours le faire vérifier par un pharmacien ou une association mycologique locale avant de le cuisiner.

Où et quand trouver des chanterelles en tubes en France ?

Cette espèce mycorhizienne s'associe aux racines des conifères et pousse aussi en forêt mixte, toujours dans les zones humides tapissées de mousse. On la trouve en abondance dans les massifs montagneux comme le Jura ou les Vosges, mais elle apparaît dans la plupart des forêts de résineux du territoire dès que l'humidité et la fraîcheur s'installent.

La saison s'étend de septembre à décembre, avec un pic souvent observé en octobre et novembre. Elle résiste bien aux premières gelées légères, ce qui en fait l'un des derniers champignons de l'année à ramasser, parfois bien après la fin de la saison des cèpes ou des girolles classiques.

Comment cuisiner les chanterelles en tubes ?

Une fois nettoyées (brossage à sec plutôt que trempage, pour éviter qu'elles ne s'imbibent d'eau), les chanterelles en tubes se préparent très simplement : une poêlée au beurre demi-sel, un filet d'huile d'olive, sel et poivre suffisent à révéler leur parfum fruité. Leur chair ferme supporte bien la cuisson et ne devient pas spongieuse, ce qui les rend idéales en accompagnement de volaille, de poisson ou en garniture d'une sauce crémeuse.

Séchées puis réduites en poudre, elles parfument aussi un risotto ou une sauce sans effort. L'automne est d'ailleurs la saison où beaucoup de cuisines tournent aux saveurs de sous-bois : les amateurs qui aiment varier les plaisirs peuvent aussi tester un potage butternut agrémenté de champignons poêlés pour un repas de saison complet.

Comment conserver les chanterelles en tubes après la cueillette ?

Deux méthodes principales permettent de profiter de la récolte toute l'année :

La congélation : coupez les champignons en morceaux, faites-les revenir à sec 2 à 3 minutes pour évacuer l'excès d'eau, laissez refroidir puis congelez à plat avant de les mettre en sachet. Ils se conservent ainsi plusieurs mois sans perdre leur texture. Comme la chanterelle en tube ne se comporte pas tout à fait comme les autres espèces à la congélation, il est utile de comparer les méthodes selon le champignon : le dossier sur comment congeler les champignons selon l'espèce détaille les bons réflexes pour qu'ils restent fermes à la décongélation.

Le séchage : fendez les chapeaux dans la longueur pour accélérer le séchage, disposez-les sur une grille recouverte de papier cuisson, four à 50°C porte entrouverte. Les morceaux sont prêts quand ils craquent sous les doigts. Conservez-les ensuite dans un bocal hermétique, à l'abri de la lumière. Pour les réhydrater, un trempage de 15 à 20 minutes dans l'eau tiède suffit : gardez le jus de trempage, il parfume merveilleusement une sauce ou un risotto.

Une fois les bocaux de champignons secs installés dans le placard, pensez aussi à les protéger des insectes de garde-manger : les conseils donnés pour éliminer les charançons et protéger sa cuisine s'appliquent très bien aux provisions de champignons séchés, souvent oubliées au fond d'un placard.

Quelles précautions prendre avant de consommer ses chanterelles en tubes ?

Même pour un champignon réputé facile, quelques règles de prudence s'imposent : ne jamais consommer un spécimen dont l'identification laisse le moindre doute, éviter de ramasser des individus très abîmés ou parasités, et toujours cuire les chanterelles en tubes avant de les manger (elles ne se consomment jamais crues). Comme pour tout aliment nouveau, il est aussi recommandé d'en goûter une petite quantité la première fois, certaines personnes pouvant présenter une sensibilité digestive individuelle à ce champignon pourtant classé parmi les meilleurs comestibles.

Enfin, la cueillette reste encadrée localement : certains massifs forestiers limitent les quantités ramassées par personne et par jour. Un coup d'œil aux arrêtés préfectoraux de son département avant de partir en forêt évite les mauvaises surprises, au même titre que les bons gestes de cueillette responsable (ne pas arracher le pied, utiliser un panier aéré plutôt qu'un sac plastique).

Entre deux sorties en forêt, l'automne reste aussi une période active au jardin : c'est notamment le moment où beaucoup se demandent quand planter des pommes de terre pour un bon rendement la saison suivante, une autre récolte à anticiper pendant que les champignons poussent sous les feuilles.

Questions fréquentes

La chanterelle en tube est-elle la même chose que la girolle ?

Non. La girolle classique ( Cantharellus cibarius ) a un pied plein et un chapeau plus charnu et orangé. La chanterelle en tube a un pied creux, une chair plus fine et un chapeau brun grisâtre, souvent percé au centre.

Peut-on manger la chanterelle en tube crue ?

Non, aucun champignon sauvage ne doit être consommé cru, y compris la chanterelle en tube. Une cuisson suffisante est indispensable pour la rendre digeste et sûre.

Combien de temps se conservent les chanterelles en tubes séchées ?

Correctement séchées (jusqu'à craquer sous les doigts) et stockées dans un bocal hermétique à l'abri de la lumière et de l'humidité, elles se conservent plusieurs mois, voire plus d'un an sans perte notable de saveur.

Pourquoi mon pied de chanterelle en tube n'est pas totalement creux ?

Chez les jeunes spécimens, la cavité centrale est parfois à peine marquée. Elle s'élargit avec la maturité du champignon. En cas de doute, fiez-vous à l'ensemble des critères (plis fourchus, chapeau lobé, odeur fruitée) plutôt qu'à ce seul détail.